L’art selon la philosophie : pourquoi crée-t-on ?

À quoi sert l’art ? Imitation, expression, beauté, engagement : découvre les grandes réponses de la philosophie de Kant, Nietzsche et Sarte expliquée simplement.

Publié le
6/4/26
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Dans toutes les sociétés, l’art a toujours existé. Des dessins tracés sur les murs des grottes jusqu’aux films, aux musiques, aux graffitis ou aux créations numériques actuelles, l’être humain a toujours produit des formes artistiques. Cela amène une question logique à laquelle s’intéresse naturellement la philosophie : pourquoi les hommes font-ils de l’art ?

Créer une œuvre n’aide pas directement à vivre. Une peinture ne nourrit pas, une sculpture ne protège pas du froid, une musique ne met pas à l’abri du danger. Malgré cela, l’homme continue de créer, parfois en y consacrant énormément de temps, d’énergie… et même au prix d’une grande souffrance. Ce comportement intrigue depuis longtemps les penseurs.

L’art sert-il seulement à se distraire ou à se faire plaisir ? Permet-il d’exprimer ses émotions ? Ou bien joue-t-il un rôle majeur dans notre vie ? Ces interrogations sont au centre de la réflexion sur l’art, sur ce qu’est une œuvre, ce qu’il nous apporte et pourquoi il compte autant pour nous.

Dans ce texte, nous allons découvrir les principales réponses proposées par les philosophes au fil des siècles. L’art peut être vu comme une façon de représenter le monde, de se raconter soi-même, de rechercher le beau, mais aussi de questionner la société ou de donner un sens à notre vie.

S'interroger sur nos raisons de créer, c’est finalement chercher à comprendre ce qui nous définit en tant qu'êtres humains.

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Qu’appelle-t-on « art » ? Une notion plus complexe qu’il n’y paraît

Avant de se demander ce qui motive l’homme à réaliser des œuvres, il est nécessaire de tenter de répondre à une question essentielle : qu’est-ce que l’art ? À première vue, la réponse semble évidente. Pourtant, dès que l’on essaie de définir précisément ce mot, les choses se compliquent.

Une définition qui ne va pas de soi

Dans la vie quotidienne, nous reconnaissons sans peine ce qui appartient au domaine de l’art : une toile exposée dans un musée, une musique que l’on écoute, un film ou encore une sculpture. Mais lorsqu’on se demande ce qui fait qu’un objet devient une œuvre d’art, il devient difficile d’énoncer une définition claire.

Ainsi, difficile de répondre sans embarras à la question suivante : qu’est-ce qui différencie :

  • une chaise fabriquée pour s’asseoir ;
  • une chaise exposée dans un musée comme une œuvre d’art ?

Dans les deux cas, il s’agit d’un objet fabriqué par l’homme. Pourtant, seul l’un est considéré comme artistique. Cela montre que l’art ne se définit pas seulement par l’objet lui-même, mais aussi par l’intention, le regard porté sur lui et le lieu dans lequel on le présente.

Art et technique : un lien ancien

À l’origine, le mot « art » désigne avant tout un savoir-faire. Dans l’Antiquité, il n’y avait pas de séparation nette entre l’artisan et l’artiste. Celui qui savait bien faire quelque chose — construire, sculpter, peindre — pratiquait un art.

Peu à peu, une distinction est apparue :

  • l’artisan fabrique des objets utiles ;
  • l’artiste crée des œuvres qui n’ont pas pour but premier l’utilité.

Néanmoins, si nombre d’œuvres artistiques demandent une grande habileté, beaucoup d’objets que nous utilisons au quotidien peuvent être admirés pour leur ingéniosité ou leur élégance. Ce constat brouille encore davantage la frontière entre ce qui relève de l’art et ce qui n’en relève pas.

Pourquoi l’art résiste aux définitions

La difficulté vient aussi du caractère changeant de ce que nous qualifions d’« art ». Des créations autrefois jugées choquantes ou incomprises sont aujourd’hui considérées comme importantes et exposées dans les musées. À l’inverse, certaines œuvres du passé peuvent sembler éloignées ou obscures pour un regard actuel.

L’art abstrait, l’art contemporain et autres manifestations artistiques posent souvent la même question :

Peut-on vraiment parler d’art ?

Si cette question revient sans cesse, c’est parce que l’art ne suit pas des règles immuables. Il évolue avec les sociétés, les mentalités et les façons de voir le monde.

C’est précisément pour cette raison que les philosophes se sont intéressés à l’art. Au lieu de tenter de trouver une définition unique et définitive, ils ont proposé différentes manières de comprendre pourquoi l’on crée des œuvres. La première de ces grandes réponses consiste à dire que l’art sert à imiter le réel.

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L’art comme imitation du réel : représenter le monde pour le comprendre

Longtemps, on a considéré que le rôle premier de l'art était de représenter le monde. Selon cette idée, l’artiste examine la réalité, s’inspire de la nature, des gens, de ce qui se passe, puis cherche à retranscrire ses observations à travers une œuvre. Créer de l’art reviendrait alors à imiter ce qui existe déjà.

Cette conception est très ancienne. On la trouve dès la philosophie grecque, où l’art est souvent décrit comme une reproduction du réel. Mais cette imitation n’est pas toujours comprise de la même manière, et elle donne lieu à des interprétations opposées.

L’imitation comme illusion : la critique de Platon

Pour Platon, l’art pose un problème sérieux. Selon le philosophe grec, ce que nos yeux et nos oreilles captent n’est déjà pas la véritable réalité. Il distingue ce que nos sens perçoivent et ce qui est réellement vrai. Ainsi, dans La République, Livre X, Platon explique que notre monde sensible n’est déjà qu’une copie imparfaite de la véritable réalité, qu’il appelle le monde des Idées. L’art, qui imite ce monde visible, devient alors une imitation de second rang.

Il affirme même que l’artiste est « trois fois éloigné de la vérité ». Cela signifie que, selon lui, l’œuvre d’art ne montre pas ce qu’est vraiment une chose, mais seulement son apparence.

Dans cette logique, l’art devient une copie de copie. Quand un artiste peint un objet, il ne révèle pas sa nature profonde, mais uniquement son aspect superficiel. L’artiste imite ce que tout le monde peut déjà voir, sans toucher à l'essentiel. L’art risque alors de nous éloigner de la connaissance plutôt que de nous en rapprocher.

Toujours dans le même ouvrage, Platon reproche aussi à l’art son pouvoir sur les émotions. Une œuvre peut émouvoir, séduire, troubler, parfois jusqu’à faire oublier la raison. Selon lui, l'art possède cette capacité à jouer avec nos émotions et nous détourne d'une réflexion critique. C’est pourquoi il se montre très méfiant envers les artistes, qu’il accuse parfois de tromper le public.

Dans cette perspective, créer de l’art n’est pas une activité noble. C’est une pratique séduisante, mais dangereuse, susceptible de nous maintenir prisonniers des apparences.

L’imitation comme compréhension : la réponse d’Aristote

Aristote, qui a étudié Platon, adopte une position presque opposée, dans sa Poétique. Il reconnaît que l’art imite le réel, mais il ne pense pas que cette imitation soit inutile ou trompeuse. Au contraire, il estime que cette imitation est utile et même éducative pour mieux appréhender le monde et la nature humaine.

Selon Aristote, l’artiste ne se contente pas de copier ce qu’il voit. Il sélectionne, organise et met en forme la réalité pour en faire ressortir le sens. Une tragédie, par exemple, ne raconte pas une histoire au hasard : elle met en scène des actions, des dilemmes, des tensions, des passions. Or, en observant sous un autre jour des situations auxquelles il est parfois confronté dans la vie réelle, le spectateur apprend à mieux surmonter ces problématiques.

L'art remplit alors un rôle formateur. Il nous permet de décrypter les sentiments, les comportements humains et leurs conséquences. En ce sens, l’imitation artistique dépasse la pâle copie pour devenir une interprétation du réel.

Aristote pense même que l’art offre une opportunité de catharsis, c’est-à-dire d’apaisement intérieur. En voyant représentées des émotions fortes, le spectateur apprend à les reconnaître et à les maîtriser. L’art se transforme ainsi en un moyen de réflexion et d’équilibre.

Une conception toujours actuelle

Cette idée de l’art comme imitation reste très présente aujourd’hui. De nombreux romans, films ou séries cherchent à représenter la société, les relations entre individus ou les inégalités du monde. Même lorsque l’histoire est fictive, elle fait souvent écho à des expériences que nous vivons au quotidien.

Créer de l’art, dans cette perspective, c’est donc donner une forme visible à la réalité pour mieux la saisir et mieux l'interroger. Mais cette interprétation ne suffit pas à expliquer toutes les formes de création artistique. Beaucoup d’artistes ne visent pas uniquement à représenter le monde extérieur, mais cherchent également à traduire ce qu’ils ressentent intérieurement.

C'est justement ce second aspect qu’il nous faut explorer maintenant.

L’art comme langage intime : créer pour dire l’indicible

L’art ne cherche pas toujours à représenter fidèlement le monde extérieur. Bien souvent, une œuvre semble plutôt tournée vers l’intérieur. Elle révèle une émotion, une vision personnelle, une manière singulière de saisir la réalité. Dans cette perspective, créer de l’art, ce n’est pas copier le monde, mais matérialiser ce que l’on vit intérieurement.

Beaucoup d’artistes expliquent qu’ils créent parce qu’ils ressentent quelque chose qu’ils ne peuvent pas exprimer avec les mots du quotidien. La peinture, la création musicale ou l'écriture poétique se transforment alors en des moyens d’expression à part entière, capables d’exprimer les émotions dans toutes leurs nuances.

L’art comme expression d’une époque chez Hegel

Dans Esthétique, Hegel explique que l’art dépasse la simple expression individuelle. Car selon lui, une œuvre exprime aussi l’esprit d’une époque, ce qu’il appelle le Zeitgeist. Chaque œuvre porte la trace du moment historique et culturel qui l'a vue naître. Même lorsque l’artiste parle de lui-même, il exprime en réalité quelque chose de plus large.

Selon Hegel, l’art permet à une société de se reconnaître et de capter sa propre identité à une époque donnée. Une œuvre n’est jamais complètement détachée de son temps. Elle révèle des valeurs, des inquiétudes, des manières de penser qui traversent toute une communauté.

Pour Hegel, créer de l’art revient à donner une forme sensible à une vision du monde. L’artiste ne se contente pas d’éprouver ; il rend visible et partageable ce qui, sans l’art, resterait diffus ou invisible.

Friedrich Hermann Hartmann, Friedrich Nietzsche, vers 1875

Créer pour affirmer la vie selon Nietzsche

Nietzsche va encore plus loin dans cette idée de l’art comme expression. Pour lui, l’art revêt une dimension vitale. Il est joie, « générateur de perfection et de plénitude », « divinisation de l’existence ». C’est notamment ce qu’il soutient dans La Naissance de la tragédie, où il affirme que l’art est une réponse à la souffrance de l’existence.

Nietzsche écrit d’ailleurs cette phrase célèbre : « Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité. » Que signifie-t-elle ? Simplement, que la vie comporte son lot d’épreuves, de souffrances, de turbulences et d’absurdité. Mais que l'art offre la possibilité de métamorphoser cette expérience pour la rendre supportable.

Créer revient alors à démontrer sa vitalité, sa singularité, sa capacité à donner une forme au désordre. L’artiste ne fuit pas la réalité, il la transforme. Même une œuvre sombre ou violente peut être, selon Nietzsche, une célébration de l'existence, parce qu’elle montre que l’être humain sait créer du sens là où il n’y en a pas.

Dans cette vision, l’art n’obéit à aucune règle extérieure. Il est profondément lié à la liberté et à la puissance créative de l’individu. Chaque œuvre est unique, parce que chaque manière d'éprouver le monde l’est aussi.

Pourquoi l’art est toujours personnel

Cette conception explique pourquoi deux artistes, confrontés à la même situation, ne produisent jamais la même œuvre. Chacun apporte son regard, son vécu, sa sensibilité. L’art se révèle ainsi d’un territoire où la subjectivité a toute sa place.

Créer de l’art, c’est dire « voilà comment je vois le monde », sans chercher nécessairement à convaincre ou à expliquer. L’œuvre parle d’elle-même, et chaque personne qui la rencontre peut y déceler un sens différent.

Mais cette liberté soulève une autre question essentielle : si l’art exprime des émotions personnelles, cherche-t-il encore la beauté ? Ou bien la beauté n’est-elle qu’un aspect parmi d’autres de la création artistique ?

L’art et la beauté : crée-t-on pour le beau ?

Lorsque l’on pense à l’art, la notion de beauté vient souvent à l’esprit. Beaucoup associent spontanément l’art à ce qui est esthétique, agréable à regarder, à écouter ou à ressentir. Pourtant, le rapport entre art et beauté est loin d’être évident.

Certaines œuvres sont clairement conçues pour être belles. Elles cherchent l’harmonie, l’équilibre, la douceur. D’autres, au contraire, choquent, dérangent ou mettent mal à l’aise. Elles semblent refuser toute idée de beauté au sens classique. Cela soulève une interrogation simple : la beauté est-elle vraiment le but de l’art ?

Le plaisir esthétique selon Kant

Kant propose une réflexion importante sur la beauté. Pour lui, l’esthétique se reconnaît par le plaisir particulier qu’elle procure. Ce plaisir n’est pas lié à l’utilité de l’objet. Une œuvre d’art n’est pas belle parce qu’elle sert à quelque chose, mais parce qu’elle plaît librement.

Lorsque nous trouvons une œuvre esthétique, nous n’attendons rien d’elle. Nous ne cherchons pas à la posséder ni à l’utiliser. Nous la contemplons simplement. Ce plaisir désintéressé distingue l’expérience esthétique des autres formes de satisfaction.

Dans cette perspective, l’art crée un espace à part, libéré des contraintes pratiques. Il nous offre un moment où l’on peut suspendre les préoccupations ordinaires et se laisser toucher par une forme, une couleur, un son.

Peut-on faire de l’art sans chercher le beau ?

L’art contemporain a largement remis en question l’idée que l’art doit être beau. Certaines œuvres provoquent volontairement le malaise ou l’incompréhension. Elles ne cherchent pas à plaire, mais à faire réfléchir.

Cela ne signifie pas que la beauté disparaît, mais qu’elle change de sens. Une œuvre peut être jugée « belle » non pas parce qu’elle est agréable, mais parce qu’elle est forte, expressive ou marquante. La beauté ne se réduit plus à l’harmonie ; elle peut aussi naître du choc et de la rupture.

Créer de l’art, ce n’est donc pas toujours rechercher le beau au sens classique. C’est parfois accepter de déranger pour ouvrir de nouvelles manières de voir.

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L’art comme critique et transformation du monde : créer pour questionner et résister

L’art ne se contente pas de représenter le monde ou d’exprimer des émotions personnelles. Il peut aussi jouer un rôle plus direct dans la société. De nombreuses œuvres cherchent à questionner l’ordre établi, à dénoncer des injustices ou à proposer un autre regard sur le réel. Dans ce cas, créer de l’art revient à prendre position.

L’artiste ne parle pas seulement de lui-même. Il s’adresse aux autres, à une époque, parfois à une société entière. Une œuvre peut ainsi devenir un moyen de critique, de contestation ou de résistance.

Jean-Paul Sartre à l'aéroport de Lod, 1967

L’art et la responsabilité selon Jean-Paul Sartre

Pour Sartre, l’artiste ne peut pas se cacher derrière son œuvre pour éviter toute responsabilité. Créer, c’est toujours faire un choix. Choisir un sujet, une manière de le traiter, un point de vue, c’est déjà s’engager.

Même lorsqu’une œuvre ne parle pas directement de politique, elle transmet une certaine vision du monde. Elle montre ce que l’artiste juge important, ce qu’il met en avant, ce qu’il laisse dans l’ombre. En ce sens, l’art a toujours une dimension morale et sociale.

Sartre insiste sur le fait que l’artiste s’adresse à des êtres libres. Il ne force pas, il ne commande pas, mais il invite à réfléchir. Une œuvre engagée ne dicte pas une opinion ; elle ouvre un espace de questionnement. Elle oblige le spectateur ou le lecteur à regarder autrement ce qu’il croit évident.

L’art comme moyen de résistance

À travers l'histoire, l’art a souvent servi à résister à la censure, à la brutalité ou à l’oppression. Lorsque la parole est interdite, l’art sous toutes ses formes (visuel, sonore...) se transforme en outil d'expression redoutable.

Même aujourd’hui, l’art peut dénoncer les inégalités ou les dérives du pouvoir. Il ne propose pas toujours des réponses, mais il rend visibles des réalités que l’on préférerait parfois ignorer.

Créer de l’art, dans cette perspective, c’est refuser l’indifférence. C’est proclamer que certaines réalités méritent d’être vues, entendues et discutées.

Pourquoi l’art se révèle bien « essentiel » à l’être humain

Si l’art prend des formes aussi variées et traverse toutes les époques, ce n’est sans doute pas par hasard. Il semble répondre à un besoin profondément humain. Ainsi, pour faire face aux pires épreuves, l’homme ne cesse de créer : dessiner, chanter, inventer des fictions.

Cela montre que l’art n’est pas un luxe, un privilège réservé à quelques-uns. Il fait partie des meilleures ressources dont disposent les individus et les sociétés pour s’ouvrir aux autres, se projeter et résister.

L’art comme besoin fondamental

L’art permet d’exprimer ce qui ne trouve pas toujours sa place dans le langage ordinaire. Certaines émotions, certaines expériences se révèlent trop nuancées ou trop intenses pour être expliquées simplement. L’œuvre d’art offre alors une autre voie.

Elle permet aussi de partager ces expériences. Même si une œuvre naît d'une expérience intime, elle peut toucher d’autres personnes, parfois séparées par des siècles ou des continents. L’art connecte ensemble les personnes, leur rappelle ce que signifie « faire humanité ».

Créer pour exister et marquer son époque

Créer, c’est aussi affirmer son existence. Une œuvre est une trace laissée dans le monde. Elle témoigne du passage d’un être humain, de sa manière de voir et de ses émotions.

Grâce à l’art, nous pouvons nous survivre. Les individus et les peuples transmettent leur vécu, ce qui compte pour eux, ce qui les a marqués et ce vers quoi ils tendent. L’art devient une mémoire collective, traverse les générations.

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L’art aujourd’hui : de nouvelles questions philosophiques

À l’époque contemporaine, l'art poursuit sa transformation et soulève des interrogations inédites. Les progrès technologiques ont profondément transformé les modes de création. Aujourd’hui, des œuvres peuvent être produites à l’aide de technologies, de formules mathématiques ou d’intelligences artificielles.

Cela soulève une interrogation importante : qui est l’artiste ? Est-ce celui qui programme, celui qui choisit, ou la machine elle-même ? Si une œuvre est produite sans intention humaine claire, peut-on encore parler d’art ?

Ces interrogations démontrent que l’art n’est pas une notion figée. Il se transforme avec les sociétés et les moyens techniques disponibles. Mais elles rappellent aussi que ce qui compte n’est pas uniquement le procédé, mais le sens que nous donnons aux œuvres.

Même à l’ère du numérique, l’art conserve ses missions essentielles : nous surprendre, nous émouvoir, nous faire réfléchir à notre vie et nous ouvrir à l’autre.

À travers les différentes réflexions philosophiques que nous avons explorées, un constat apparaît clairement : créer, réaliser une œuvre d’art, peut répondre à diverses motivations. L’art peut être imitation du réel, expression de son vécu, recherche de la beauté, critique du pouvoir ou célébration de la victoire de la vie sur la mort.

Ces différentes manières d’envisager l’art ne s’excluent pas. Une même œuvre peut représenter le monde, exprimer une émotion, tendre vers la beauté et poser une question politique. C’est cette multiplicité qui fait la force de l’art.

Créer de l’art, c’est refuser de réduire l’existence à l’utile et au nécessaire. C’est ouvrir un espace de liberté, d’imagination et de sens. L’art ne nous dit pas comment vivre, mais nous montre ce que signifie être humain.

En ce sens, l’art n’apporte pas de réponses définitives. Il soulève des interrogations, encore et toujours. Et c’est peut-être pour cela que l’être humain ne cesse jamais de créer.

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Pourquoi l’art existe-t-il dans toutes les sociétés ?

L’art existe partout parce qu’il répond à une profonde nécessité. L’homme ne se limite pas à assurer sa subsistance : il cherche aussi à exprimer ce qu’il ressent, à mieux appréhender le monde et à partager une vision commune. L’art offre un moyen de partager des émotions, des idées et des expériences, surtout lorsque le langage ordinaire atteint ses limites.

L’art doit-il forcément être beau pour être de l’art ?

Une œuvre d’art n’a pas toujours pour but d’être esthétique. Certaines œuvres cherchent à choquer, à déranger ou à faire réfléchir. La notion de beau varie considérablement selon les périodes et les sociétés. Une œuvre peut être considérée comme artistique parce qu’elle est forte, marquante ou porteuse de sens, même si elle n’est pas agréable au premier regard.

À quoi sert l’art dans la société aujourd’hui ?

Aujourd’hui, l’art sert à questionner le monde, à dénoncer certaines injustices et à ouvrir les esprits. Il permet aussi de créer du lien entre les personnes et de conserver une mémoire collective. Même à l’ère du numérique, l’art reste un outil précieux pour réfléchir, ressentir et mieux appréhender autrui comme soi-même.

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