
Face aux crises, construire la diplomatie de demain
Conflits armés, recul du droit international, désinformation : l’actualité dessine un monde de plus en plus instable. Comment y répondre sans renoncer au dialogue ni aux principes qui fondent l’ordre international ? Comment former les diplomates et la société civile aux enjeux contemporains ? Analyse de Didier Le Bret, diplomate et directeur de l’Académie diplomatique et consulaire, en partenariat avec le Pôle de recherche du Collège des Bernardins.
De nouveaux outils pour la diplomatie contemporaine
Pourquoi est-il apparu nécessaire de doter la diplomatie française d’une Académie diplomatique et consulaire ?
Cette Académie a été voulue au départ par les agents du Quai d’Orsay eux-mêmes, lors d’un grand mouvement de réflexion collective, les États généraux de la diplomatie. Parmi les propositions qui ont émergé en mars 2023 figurait l’idée de se doter d’une structure répondant à deux missions principales.
La première consistait à renforcer notre formation. Pas seulement pour les agents du ministère, mais aussi pour mieux accueillir et mieux préparer à leur mission tous ceux et celles qui nous rejoignent depuis des horizons très divers : autres administrations, secteur privé, société civile, voire monde de l’entreprise. Par ailleurs — je n’apprends rien à personne — les métiers de demain, y compris dans la diplomatie, ne sont pas tous connus aujourd’hui. Disposer d’une académie capable d’être en phase avec l’innovation, nous permettant d’anticiper les besoins futurs du ministère, relevait aussi d’une logique de préparation de l’avenir. C’est dans ce cadre que nous nous intéressons, par exemple, à la diplomatie scientifique. On voit bien que les questions des minerais critiques ou de l’épuisement des ressources naturelles deviennent des enjeux géopolitiques majeurs. Il faut donc des diplomates formés, affûtés également sur ces sujets.
La seconde mission concerne notre rapport aux Français. Nous avons un porte-parole au ministère chargé d’expliquer notre politique étrangère, mais cela ne suffit pas. Il faut également parler aux Français pour les engager, leur montrer que là où ils se trouvent ils peuvent contribuer à une politique étrangère plus ancrée et plus active. Un exemple : celui de la riposte digitale, qui est aujourd’hui un volet important de notre diplomatie. Comment faire face à l’intoxication informationnelle menée par certains de nos compétiteurs ? Le Quai d’Orsay ne peut pas agir seul. Aucune administration ne le peut. Il faut donc mobiliser la société civile, afin qu’elle développe ses propres anticorps et qu’elle soit capable de réagir face à ce qui relève d’une forme d’agression, sous des modalités diverses. Les militaires l’ont théorisé depuis longtemps : c’est la notion de résilience. Une guerre ne se gagne pas uniquement sur le terrain militaire avec des chars et des avions de chasse. Elle se gagne aussi par notre capacité à rester unis, forts, actifs, à inscrire notre stratégie dans la durée, à ne pas céder au découragement au premier choc.
Pourquoi cette réponse qu’apporte l’Académie diplomatique et consulaire aux défis contemporains passe-t-elle par des partenariats avec des institutions comme le Collège des Bernardins ?
Les partenariats universitaires ou avec des centres de recherche sont devenus indispensables. L’éclairage des chercheurs est essentiel. Les diplomates savent bien sûr trouver l’information dont ils ont besoin et diversifier leurs sources. Mais avec le monde académique nous avons besoin d’inscrire nos relations dans la durée et établir ainsi des liens de confiance.
Cet éclairage est également très précieux pour nos pratiques. Si l’on prend la guerre en Ukraine, par exemple, nous avons besoin de la profondeur stratégique des historiens et des spécialistes des relations internationales pour comprendre quelles sont les véritables conditions d’une paix durable. Qu’est-ce qui prépare au contraire les guerres futures ? Est-ce que la signature d’un accord de paix suffit à clore un conflit, ou bien y a-t-il d’autres dimensions à prendre en compte ? Toutes ces questions sont essentielles. C’est d’ailleurs pour cela que je suis revenu voir des amis et anciens collègues au Collège des Bernardins : je savais que c’était un lieu où ces sujets avaient été travaillés en profondeur. Poser ces questions à des personnes qui y ont consacré leur vie est toujours éclairant.
Découvrir la recherche du Collège des Bernardins avec l'Académie diplomatique et consulaire.
Quelle place pour la France et l’Europe dans un monde dominé par la force ?
Vous avez expliqué que l’Académie diplomatique et consulaire a notamment été créée pour renforcer le lien entre le corps diplomatique et la société civile. Dans ce contexte, comment concilier la discrétion indispensable à l’action diplomatique et au renseignement avec l’enjeu d’adhésion des citoyens aux décisions prises en leur nom ?
C’est en effet une articulation parfois délicate. La discrétion, par exemple dans les négociations, s’impose pour des raisons presque évidentes, notamment tant que les accords ne sont pas conclus. Une diplomatie trop vocale peut compliquer le processus. Les facteurs psychologiques jouent beaucoup, la confiance en particulier. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui la diplomatie est très personnalisée : de chef d’État à chef d’État, de ministre à ministre. Cela prend parfois des formes improbables, lorsque Donald Trump explique, par exemple, que Vladimir Poutine serait quelqu’un de sympathique, avec qui il pense pouvoir conclure de bons accords. On est alors sur un registre de perception et d’analyse extrêmement fragile. Pas superficiel — car les relations humaines ne le sont jamais — mais fragile, au point qu’on fonde une politique étrangère sur le sentiment qu’un dirigeant est « plutôt sympa » et bien disposé, alors que les faits accumulés depuis vingt-cinq ans disent le contraire.
Il y a donc besoin de discrétion lorsque c’est nécessaire, mais aussi d’explication. Les citoyens ont besoin de savoir où l’on en est, vers quoi on doit se préparer. Une angoisse profonde monte aujourd’hui, diffuse, visible partout. Elle traverse l’ensemble de nos sociétés et se cristallise autour de deux questions étroitement liées.
La première : l’Europe est-elle prête à affronter, en tant qu’herbivore notoire, un monde de carnivores qui semble s’accorder sur l’idée que, faute d’être à la table des négociations, l’Europe risque de finir au menu ? Cette inquiétude est largement partagée. Elle est d’autant plus forte que les Européens n’y sont pas habitués. Nous avons longtemps eu le sentiment que l’Europe donnait le tempo, dominait. Or, au moment même où l’Europe affirme que la règle doit primer sur la force, que les institutions multilatérales sont un rempart face à l’égoïsme des États-nations, que l’intérêt général doit l’emporter, au moment où nous récusons les valeurs virilistes de la guerre, le reste du monde nous regarde avec étonnement. Il y a donc un décalage. Nous défendons un monde civilisé, le refus de la prédation économique, de la consommation sans limite. L’Europe a changé : ce n’est plus l’Europe des conquistadors, des génocides, de la puissance brute. Cette prise de conscience arrive au meilleur moment, parce qu’il est encore temps d’agir, et au pire moment, parce que beaucoup sont convaincus que ce n’est plus ainsi que le monde fonctionne aujourd’hui. Il est difficile, presque inaudible dans le contexte actuel, de parler de droits de l’homme, de bien commun, de valeurs, tant les mots semblent vidés de leur sens. Pour autant, il ne faut pas cesser de rappeler ces principes. Au contraire, il faut les appliquer en toutes circonstances. Le « Sud global » n’accepte plus les leçons de l’Europe lorsque nous pratiquons des doubles standards. On l’a vu avec la crise israélo-palestinienne, on le voit de nouveau avec le Venezuela. Une clarification est donc indispensable.
La deuxième angoisse qui traverse aujourd’hui les esprits européens ne concerne pas seulement le « retour de la guerre », qui est déjà en soi un constat d’échec terrible. Il s’agit aussi de la perspective d’une guerre « différente ». On utilise aujourd’hui le terme « hybride », pour parler de guerres sans la guerre, mais avec des effets tout aussi délétères, capables de paralyser nos économies et la vie ordinaires de nos sociétés : guerres cyber, guerres des tarifs… Il y a également des changements profonds dans les doctrines militaires, à commencer par la dissuasion nucléaire, comme le principe du non-recours en premier, désormais questionné dans son principe par Vladimir Poutine. Lors d’une récente audition au Conseil de sécurité, Jeffrey Sachs a conclu que nous n’aurions pas le luxe de mener une troisième guerre conventionnelle, et je pense qu’il a raison sur ce point. Lorsqu’il invite le Conseil de sécurité à reprendre son rôle, malgré un probable veto américain, il rappelle une responsabilité, une forme de magistère moral de l’ONU : dire ce qui doit être dit à l’ensemble des nations. En 2003, lors de la crise irakienne, la France a dit non aux Américains, rappelant ainsi notre conception de l’usage de la force, fondée sur le droit international. Cette position a donné du crédit à la parole française et a contribué à réduire les tensions.
Voir aussi : Comment défendre l'Europe ? avec Antoine Arjakovsky et Pascal Boniface
L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin disait récemment aux Bernardins que « le risque aujourd’hui, c’est que la force l’emporte sur le droit ». Dans ce contexte de durcissement des relations internationales, sur quoi peut encore reposer, selon vous, la crédibilité de la diplomatie et de la gouvernance internationale ?
Vous connaissez la formule célèbre de Bismarck : « La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments. » La force fait donc partie de l’équation. Elle n’est pas l’opposé de la discussion : elle est une manière de donner toute sa chance au dialogue et à la recherche de solutions négociées, précisément pour éviter le recours à la force. Mais cette force doit être mobilisable, prête à l’emploi. Lorsque, en 2013, 2014 puis 2015, la France avertit à plusieurs reprises l’État islamique que l’on n’acceptera pas qu’il prépare des attentats sur notre sol, et qu’il y aura une riposte, c’est bien parce que cette riposte est crédible que cela fixe un cadre. La situation ne change pas nécessairement immédiatement, mais cela dit clairement jusqu’où l’on est prêt à aller, et ce qui ne sera plus accepté au-delà. On l’a vu très clairement toujours sur le dossier syrien, lorsque Barack Obama a affirmé en 2012 que le recours aux armes chimiques ou biologiques par le régime de Bachar Al-Assad constituerait une ligne rouge. Lorsqu’il a été documenté et établi que cette ligne rouge avait été franchie et qu’Obama n’est finalement pas intervenu, l’effet a été très clair : l’intervention massive des Russes au Levant, qui ont ainsi repris pied dans une zone où ils étaient jusque-là en retrait. Alors que la force pouvait s’appuyer sur le droit, cette situation peut être distinguée de celle de l’Irak en 2003, qui fut une catastrophe sur le plan du droit international parce que les experts de l’ONU avaient conclu qu’il n’existait pas de menace nucléaire réelle de la part de Saddam Hussein. La force doit donc s’articuler avec le droit pour être légitime et recréer, ensuite, des conditions de discussion.
Dans cette perspective, que peut faire l’Europe aujourd’hui ? L’opération militaire américaine qui a abouti à l’arrestation du président vénézuélien n’est pas de même nature que l’agression russe en Ukraine. Il n’y a pas d’occupation d’un pays souverain. Mais la souveraineté d’un État reconnu par l’ONU a bien elle été violée. Et la légitimité de son président ne change rien. La question est de savoir quels sont les critères légitimes du recours à la force. À l’évidence, ils n’ont pas été respectés. Avec l’annonce par Donald Trump d’annexer un État souverain membre de l’Union européenne, nous avons été dans l’obligation de réagir. La célèbre formule de Churchill, « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre ; vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre » résonne particulièrement aujourd’hui. Nous n’en sommes évidemment pas là, mais fermer les yeux en attendant que passe l’orage n’est plus une option.
Lire un article sur : Ukraine et espérance : un archevêque en temps de guerre.
Votre analyse met en évidence l’articulation étroite entre diplomatie et défense. Comment se structurent aujourd’hui les rapports de force internationaux au-delà de ces deux dimensions ?
La dimension économique est essentielle. Lorsque Thierry Breton, qui a posé le cadre juridique de la régulation numérique au sein de l’Union européenne, est interdit de séjour aux États-Unis, cela veut dire quelque chose. Cela signifie que les Américains considèrent qu’il est vital pour eux de ne pas se laisser imposer une régulation des GAFA. La guerre se joue aussi là, et elle s’y joue même largement. Les Américains raisonnent dans une logique de prédation, de conservation de monopoles. Donald Trump s’inscrit dans une vision globale fondée sur l’idée que les ressources sont limitées. Ce qu’il veut, c’est capter massivement les ressources encore disponibles afin de conserver l’avantage pour encore quelques décennies. On sait très bien qu’à plus long terme, cela conduit à une forme de suicide collectif, mais dans la logique court-termiste qui est celle de Trump et d’une partie des élites américaines, l’enjeu prioritaire est de s’emparer des minerais critiques, du pétrole et des routes commerciales, que ce soit au Groenland, au Venezuela, en Ukraine, ou encore en République démocratique du Congo. C’est une diplomatie de captation des ressources.
Cette logique repose sur une analyse ancienne : les États-Unis sont en voie de déclassement. Leur seul véritable avantage comparatif aujourd’hui repose sur deux piliers : la puissance militaire et l’avance scientifique et technologique. Or cette avance technologique est en train de s’éroder. Un des éléments de la puissance technologique américaine, c’est le « brain drain », la capacité à attirer les meilleurs cerveaux du monde entier. Aujourd’hui, les chercheurs hésitent à aller aux États-Unis. Ils iront ailleurs, peut-être en Chine, et je l’espère en Europe. Il se passe quelque chose de profond aux États-Unis. On est sans doute à la fin d’un cycle, face à une société malade et clivée. L’État se fragmente. La Californie regarde ailleurs. Dans l’absolu, l’économie chinoise est presque au même niveau que l’économie américaine, même si le PIB par habitant est encore trois fois supérieur aux États-Unis. Ce qui est à l’œuvre c’est une sorte de réflexe reptilien, instinctif de la part de Trump. Ce qui est fait peut produire deux effets. À court terme, un ralentissement du déclassement en fermant les accès, en durcissant les règles. Mais en créant des tensions partout, y compris en interne, les conséquences négatives pourraient l’emporter sur les bénéfices escomptés.
Face à cela, l’Europe donne le sentiment de ne pas connaître sa propre force. Or, collectivement, elle constitue une économie de premier rang, au même niveau que les États-Unis et la Chine. Le véritable marché solvable mondial, c’est l’Europe. C’est là que les GAFA font l’essentiel de leurs profits. C’est là que la Chine réexporte une partie de ses véhicules électriques lorsqu’ils ne vont plus aux États-Unis. L’Europe a donc une force considérable, car c’est elle qui, in fine, fait vivre l’économie mondiale et qui devient le point d’équilibre de ces ajustements globaux. Cette force n’est peut-être pas d’abord militaire, même si, lorsque l’on additionne les armées européennes et en prenant en compte la dissuasion nucléaire française et britannique, la situation n’est pas si mauvaise. Comme le disait Henry Kissinger, ce qui nous manque surtout, c’est un « numéro de téléphone », c’est-à-dire un interlocuteur européen identifiable, une unité politique et une volonté forte.
Lire un article sur : Méditerranée : comment la religion redessine la géopolitique.
Former, transmettre, engager : la diplomatie comme levier de résilience démocratique
À quoi renvoie, selon vous, l’idée de « culture diplomatique » portée par l’Académie diplomatique et consulaire ?
L’idée, c’est de pouvoir donner des clés de lecture aux jeunes générations. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes voient leur conscience politique et citoyenne s’éveiller dans un contexte particulièrement anxiogène. Il y a donc un réel besoin de compréhension, qui est le rôle avant tout de l’Éducation nationale et des professeurs d’histoire-géographie.
Il s’agit de créer, par cercles concentriques autour du noyau dur de la politique étrangère française élaborée au sein du Ministère, des communautés de personnes avec lesquelles il est possible d’échanger. C’est l’esprit d’un événement comme la Fabrique de la Diplomatie, qui a réuni institutions, chercheurs, associations et citoyens pour débattre des grands enjeux internationaux. Les jeunes sont venus nombreux et ont pu voir qu’il était possible d’être acteur de la politique étrangère à partir de lieux très différents : dans le monde des entreprises, au sein d’exécutifs locaux, en étant militant des droits de l’homme chez Amnesty International, en répondant aux crises humanitaires avec Médecins sans Frontière ou en s’engageant dans la diplomatie féministe. Tout cela fait pleinement partie de la diplomatie.
Les jeunes générations apporteront sans doute quelque chose de différent. On l’observe déjà à travers un état d’esprit où les valeurs d’engagement sont souvent très fortement ancrées.
C’est dans ce même esprit que nous avons créé le prix littéraire du Quai d’Orsay. Il ne s’agissait pas simplement de créer un prix littéraire de plus, mais de montrer que nous souhaitions travailler avec des écrivains. En effet, l’imaginaire des écrivains est aujourd’hui rattrapé par la réalité. C’est d’ailleurs pour cela que nos collègues de la Défense aiment travailler à partir de scénarios de fiction : parce que, de plus en plus souvent, ce que l’on croyait relever de la fiction devient une hypothèse crédible.
Lire un article sur : L’éducation face au défi de l’engagement des jeunes.
Les métiers de la diplomatie restent très sélectifs et souvent perçus comme élitistes. Comment peut-on aujourd’hui ouvrir plus largement la diplomatie et les affaires internationales à de nouveaux profils ?
Cela passe par le fait d’inviter à notre rencontre des jeunes qui ne sont pas forcément prédestinés à ce type de métier. C’est ce que nous faisons chaque année avec l’Académie diplomatique d’été, qui rassemble une centaine de jeunes, presque tous boursiers. Nous allons les chercher dans des quartiers prioritaires, dans des zones d’éducation où se trouvent des profils extrêmement brillants. Cela ne veut pas dire que tous auront vocation à rejoindre le Quai d’Orsay, mais ils pourront se préparer à des fonctions en lien avec les affaires internationales. À l’avenir, on les retrouvera peut-être dans des institutions bruxelloises, à l’ONU, dans des ONG ou dans des entreprises très engagées à l’international. Pour moi, c’est un succès tout aussi important. Ce n’est pas nécessairement le Quai d’Orsay en tant que tel qui compte.
L’idée est également de les mobiliser de manière plus ponctuelle. C’est dans cet esprit que nous avons créé un service volontaire, une réserve citoyenne, qui permet à des jeunes de venir nous aider lorsque nous organisons de grands événements, lorsque nous accueillons à Paris des sommets internationaux, ou dans le cadre de la Fabrique de la diplomatie. Il s’agit aussi de les mobiliser sur la question de la riposte sur les réseaux sociaux. Les jeunes y sont souvent plus habiles. L’enjeu est d’éveiller leur conscience pour que, lorsque surviennent des vagues massives de désinformation, ils puissent jouer un rôle de vigie. Je ne crois pas du tout qu’il puisse exister un centre unique capable de contrer l’ensemble des fake news qui circulent aujourd’hui. Je pense que cela ne peut fonctionner que sous la forme d’une mobilisation générale.
Nous travaillons donc beaucoup avec les jeunes, mais aussi avec des profils qui disposent d’expertises précieuses, ou qui occupent des positions de responsabilité. Lorsque nous accueillons chaque année quarante auditeurs au Collège des hautes études de l’Académie diplomatique, sur le modèle de ce que fait l’IHEDN pour la défense, nous recevons une partie de l’élite française. Nous en avons besoin : dirigeants d’entreprise, députés, sénateurs, cadres des collectivités territoriales, responsables de grandes ONG. À tous ces profils, nous ouvrons pendant un an les portes et les fenêtres de la maison. Et nous savons que, lorsqu’ils en sortiront, ils se diront : qu’est-ce que je peux faire pour mon pays ?
C’est un point essentiel : pour qu’une nation soit résiliente, elle ne doit pas seulement subir, elle doit agir. Cela implique de trouver des leviers d’action adaptés à chacune et chacun, là où ils se trouvent. Nous n’avons pas tous les mêmes outils ni les mêmes niveaux de formation ou de possibilités. Mais partout où l’on est, on peut être utile.
Didier Le Bret est intervenu au sein du séminaire de recherche « Gouverner autrement. Propositions citoyennes pour 2027 » du Collège des Bernardins.
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