
Journée d'étude "Habiter les marges. Espaces de résistance dans le champ de la création contemporaine"
Entrée gratuite
Réservation obligatoire

Pour cette journée d'étude, artistes, philosophes et chercheurs explorent comment les marges et l’invisible nourrissent la création et ouvrent de nouvelles manières de penser notre relation au monde.
Les participants :
- Léa Bismuth, docteure en théorie de l’art, EHESS Paris
- Meriem Rhardisse, doctorante en arts plastiques, université Jean Monnet Saint-Etienne / ECLLA
- Jean-Marc Ghitti, philosophe
- Maria Luchankina, artiste plasticienne et docteure en arts visuels de l’université de Strasbourg
- Corentin Lahouste, chargé de recherches du FNRS / Belgique
- Anissa Medjebeur, doctorante en études cinématographiques, Université Montpellier 3 Paul-Valery / RiRRa21
- Thomas Colombet, étudiant en Master 2 cinéma, Université Montpellier 3 Paul-Valéry
- Elisa Le Briand, cinéaste
- Auréline Roy, artiste plasticienne
L’acte de création ne commence-t-il pas toujours par habiter les marges ? L’expérimentation plastique suppose en effet un temps qui lui soit dédié.
Dans l’Antiquité romaine, l’otium désigne le temps du loisir studieux, une retraite du quotidien et des affaires permettant une disponibilité d’esprit nécessaire à l’exercice de la pensée. Il n’est pas pour autant un temps de pur divertissement puisqu’il n’exclut pas un certain travail. Dans sa tentative de définition du « loisir », Philippe Coulangeon constate que les activités qui relevaient jadis de l’otium rejoignent désormais le champ du travail : « philosophe » ou « artiste » sont en effet parfois pratiqués comme des métiers dans les sociétés contemporaines.
Aussi le sociologue se demande avec Adeline Daumard, si de nos jours l'opposition n'est pas tant « entre travail et loisir, activité et oisiveté, qu'entre stérilité et création, satisfaction de la tâche accomplie et amertume quand l'effort paraît vain ». Ainsi l’acte de création s’oppose aux activités quotidiennes qui ne trouvent aucun sens hors d’une logique économique de l’existence et détériorent nos capacités d’attention au monde. L’artiste peut adopter une posture marginale en faisant un pas de côté par rapport au flux continu du quotidien.
L’expérience esthétique requiert une attention singulière au monde, une disponibilité à l’ « ici et maintenant » que l’écrivain et cinéaste Mathieu Riboulet exprime en ces termes : « Je suis ici, et dans la lumière, le vent, les pierres, le sable et les odeurs d’ici je tiens le monde, le monde m’appartient, et tout voyage est inutile, toute étrangeté annulée de n’être rien que ma propre étrangeté. Le monde, sans revers et sans gloire, mais le monde ». L’artiste adopte donc l’attitude marginale d’habiter le monde dans un pur acte de présence.
Journée d'étude du séminaire, Pratiques de décentrement. Expressions plastiques, dimension existentielle et portée politique, du Collège des Bernardins.
Avec les interventions de :
Léa Bismuth, docteure en théorie de l’art, EHESS, Paris
Thomas Colombet, étudiant en Master 2 cinéma, Université Montpellier 3 Paul-Valéry
Jean-Marc Ghitti, philosophe
Corentin Lahouste, chargé de recherches, FNRS, Belgique
Elisa Le Briand, cinéaste
Maria Luchankina, artiste plasticienne et docteure en arts visuels, Université de Strasbourg
Anissa Medjebeur, doctorante en études cinématographiques, Université Montpellier 3 Paul-Valery / RiRRa21
Meriem Rhardisse, doctorante en arts plastiques, Université Jean Monnet Saint-Etienne / ECLLA
Auréline Roy, artiste plasticienne
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